L'équipe de La Green Session, brushing au vent.

Préparez votre équipement, on part tout droit direction le Goodtalk#4 avec Philippe de Mountain Wilderness !

Dans cette quatrième édition, on a la chance d’échanger avec Philippe BURGUIERE. Lui c’est un amoureux de la montagne, et quand on est amoureux de quelque chose, on en prend soin ! C’est justement pour protéger la montagne et les espaces naturels que Philippe a rejoint le conseil d’administration de Mountain Wilderness. Dans cet échange, il nous fait part de la mission animant l’association, ainsi que de sa vision du futur pour le monde de la glisse, ça nous remplit d’espoir !

Merci Philippe

Qu’est-ce que l’association Mountain Wilderness ?

Philippe :

« Mountain Wilderness est une association environnementale, branche française d’un réseau international, dont l’objectif est la protection des espaces montagnards. C’est la seule association française de protection de la montagne qui soit reconnue d’utilité publique et agréée environnement pour l’ensemble des territoires de montagne. Cette représentativité nationale nous permet d’être présents dans beaucoup d’organismes… Avec Mountain Wilderness on essaie de faire la promotion d’une relation apaisée entre les hommes et la montagne et donc nous avons une vision des aménagements a minima. L’objectif est de préserver les derniers espaces encore sauvages de nos territoires. Ces territoires qui sont si chers » 

Goodloop : « Quel a été le déclic qui t’a mené à te lancer dans cette aventure »

Philippe :

« J’ai eu la chance grâce à mes parents de découvrir enfant la montagne sous toutes ses formes: l’hiver avec le ski, l’été avec la randonnée ou l’alpinisme… et assez naturellement tu te poses la question de comment tu peux participer à la protection de la montagne que tu aimes tant… et je découvre l’association Mountain WIlderness dans un refuge, et j’aimais bien l’idée que des alpinistes du monde entier s’organisent pour défendre la montagne. « 

Goodloop : « Depuis le début de l’association, tu as dû rencontrer de nombreux acteurs engagés pour une pratique outdoor plus responsable. Quel est le plus chouette projet que tu as rencontré grâce à Mountain Wilderness ?« 

Philippe :

« Beaucoup de projets sympas sont menés par les équipes de Mountain Wilderness et par les bénévoles. J’ai envie de retenir les États généraux de la transition du tourisme en montagne en 2021 dont l’ambition était de rassembler l’ensemble des acteurs pour réfléchir collectivement et construire l’avenir de la montagne pour faire face aux menaces liées au dérèglement climatique. L’objectif était très ambitieux, et il me semble que nous avons réussi. La première étape de ce rassemblement de l’ensemble des acteurs de l’écosystème montagnard a permis que tout le monde puisse se mettre autour de la table et de mettre à plat nos divergences mais aussi nos points de convergence. L’enjeu est désormais de donner une vraie dimension à des politiques de transition. On ne peut pas rester sur un modèle du ski alpin comme l’alpha et oméga des territoires de montagne. Tout reste à construire et faire vivre cette transition chaque jour plus nécessaire.« 

 Goodloop : « Le 18 janvier 2022, des scientifiques du Stockholm Resilience Center (SRC) confirment que nous avons franchi une 5 ème limite planétaire : la limite « pollution chimique » ou « introduction d’entités nouvelles dans la biosphère ». Nos montagnes, pourtant éloignées de toute production industrielle, voient arriver en même temps que la pluie et la neige de gigantesques quantités de fibres plastiques microscopiques qui polluent les sols. Comment imagines-tu le monde de la glisse en 2050 ? »

Philippe

« La cinquième limite planétaire a été franchie en janvier et la sixième limite planétaire — celle du cycle de l’eau douce — vient d’être franchie, a annoncé une récente étude publiée dans la revue Nature. Sur les neuf
processus naturels qui régulent la stabilité de la planète et la rendent habitable, seuls trois sont encore viables. On retrouve du plastique dans des lacs de montagne dans les Pyrénées… Bref, la situation globale est vraiment critique. Je pense que beaucoup d’acteurs en ont conscience d’un point de vue individuel. L’absence de modèle alternatif au modèle actuel rend difficile la prise de conscience collective et les actions qu’il faut mener. Toutes les initiatives qui vont dans le bon sens sont positives, même s’il faut changer d’échelle pour essayer de progresser dans la cohabitation positive entre les pratiquants et la montagne sauvage. Aucune pratique n’est parfaite, quoi qu’il arrive, elle a un impact sur la wilderness.
En même temps l’homme a besoin de pouvoir se retrouver dans la nature pour son équilibre. C’est pourquoi je ne pense pas que mettre la montagne sous cloche soit la solution. Je voudrais être optimiste et vous dire quand même que nous allons y arriver. Les infrastructures touristiques ont atteint une totale maturité et nous devons réfléchir collectivement à l’étape d’après, le tourisme slow et sans nouvelle infrastructure, adapté respectueux avec l’imaginaire correspondant. C’est d’ailleurs une super perspective.
« 

Goodloop : « Si tu devais donner un conseil concret et actionnable aux rideurs de notre communauté, en termes de sobriété, d’engagement ou d’éco-
pratique, quel serait-il? »

Philippe : 

« Il me semble que le premier conseil, c’est de toujours réfléchir : quel est l’impact de mes pratiques et comment je peux en diminuer l’impact. Forcément la question de la mobilité est centrale pour l’ensemble des sports de montagne. Au sein de Mountain Wilderness nous travaillons depuis très longtemps sur les mobilités douces à travers une campagne – qui était précurseur – et qui s’intitule « changer d’approche ». Cette campagne propose des itinéraires permettant d’aller en montagne avec les transports en commun. C’est un travail de longue haleine pour changer les comportements »

Goodloop :  » Chez Goodloop, notre kiff c’est la réparation. On a tous déjà essayé de réparer une chaussette trouée, un bouton, une assiette brisée en mille morceaux ou un vélo… et parfois sans succès ! Et toi, quelle est ta plus belle galère ou réussite de réparation ? »

Philippe : 

« Et bien pour les réparations, je ne suis pas le plus doué. Je n’ai pas de grand talent de couture mais je sais quand même coudre un bouton. La dernière réparation a été simple, j’ai scotché ma veste Gore-Tex avant de pouvoir la faire réparer. Et c’est pour cela que j’adore les initiatives autour de la réparation. Comme j’ai une famille nombreuse et que j’ai donné le goût de la montagne et des activités Outdoor à mes quatre enfants, faire durer les vêtements le plus longtemps est une priorité pour nous – évidemment en conservant leur caractéristiques initiales (étanchéité, isolation…). Et c’est pour cela que l’initiative Goodloop portée par Solenne de favoriser la réparation des vêtements outdoor m’a beaucoup plu quand j’ai eu la chance de rencontrer le projet à son début. »

Généralement, les alpinistes chevronnés, les randonneurs du quotidien, les grimpeurs fous et les skieurs les plus expérimentés le savent, on peut profiter pleinement de la nature mais il faut rester humble et la respecter.

Parfois, les vacanciers ou les personnes de passage qui n’ont pas eu la chance de grandir en montagne sont parfois moins sensibilisés à l’importance de préserver les équilibres locaux – qu’ils soient naturels, économiques ou culturels.

Chez Goodloop, tout comme Mountain Wilderness nous avons à cœur de sensibiliser le plus de monde possible à la préservation de la montagne, et on espère que cet article contribuera à planter de petites graines chez nos lecteurs

Tu connais un projet engagé dans un outdoor plus responsable, dans la réparation ou dans l’économie circulaire? Recommande-le pour un des prochains Goodtalk sur contact@goodloop.fr ou sur nos réseaux sociaux.