L'équipe de La Green Session, brushing au vent.

Non pas le premier, ni même le deuxième mais bien le troisième Goodtalk, es-tu prêt ? 

Pour cette troisième édition, nous avons discuté avec Antoine PIN, responsable france  chez Protect Your Winter. L’occasion de te faire découvrir cette association rassemble une communauté de sportif passionné prêt à oeuvrer pour le climat. Avec Antoine, nous avons compris l’importance de l’équilibre entre la passion pour le sport et le respect de son environnement, et que finalement avec un peu de patience on arrive à faire beaucoup de choses

Merci Antoine

Goodloop : « Qu’est-ce que l’association Protect Your Winter ?« 

Antoine :

« POW France a pour vocation de transformer la passion pour les pratiques de sport outdoor en porte d’entrée à l’engagement climatique. À travers nos sports on passe du temps dans des endroits qui nous montrent clairement les impacts du réchauffement climatique. IL nous paraît important de pouvoir témoigner de ses changements et s’engager pour une transition vers une société juste et durable pour préserver notre environnement en général et ces espaces qui nous permettent de nous exprimer.« 

Goodloop : « Quel a été le déclic qui t’a amené à te lancer dans cette aventure ? »

Antoine : 

« Mes parents m’ont mis sur des skis l’année où j’ai appris à marcher. On passait la plupart de nos vacances en été ou en hiver à la montagne, ça explique certainement pourquoi c’est l’environnement qui me plait le plus. Et puis au fil de mes études je me suis intéressé à la question environnementale, j’ai suivi un cursus universitaire en Biodiversités, Conservation et Sciences de l’environnement qui m’ont fait comprendre qu’il était plus que temps de changer la façon dont notre société s’accapare les ressources autour d’elle comme si elles étaient infinies. Quand j’ai découvert POW, une association qui me permettait d’allier ma passion pour les montagnes et l’impératif d’opérer une transition dans nos pratiques et notre quotidien, le match était parfait ! »

Goodloop : « Depuis le début de l’association, tu as dû rencontrer de nombreux acteurs engagés pour une pratique outdoor plus responsable. Quel est le plus chouette projet que tu as rencontré grâce à POW ?« 

Antoine :

« Il y a tellement d’associations et de personnes qui s’engagent autour de nous que c’est difficile d’en pointer une seule. Que ce soit notre travail ou celui des autres, les occasions d’être inspiré sont nombreuses. J’ai bien sûr une affection toute particulière pour le film que l’on a sorti cette année, Conscience, qui rencontre un vrai succès, ou encore notre campagne qui a permis d’envoyer plus de 15 000 mails aux députés pour la sortie du rapport du Giec en aout 2021. Mais je pourrai tout autant vous parler des programmes scolaires que Mountain Riders mettent en place pour emmener les jeunes en montagne différemment, des campagnes de démontage des installations obsolètes de Mountain Wilderness pour préserver les espaces sauvages, des collectes de vêtements pour les réfugiés par Riders for Refugees etc. En fait, une des plus belles choses que je vis grâce à POW c’est la réalisation que l’on vient ajouter une voix à un milieu associatif vibrant, engagé et chaleureux qui offre des occasions de s’engager multiples et variées, et qui nous aident à comprendre que l’on n’est pas seul dans ce combat !« 

Goodloop : « D’après le Ministère de la transition écologique, on observe une baisse de l’enneigement dans tous les massifs : Vosges, Jura, Alpes, Massif Central, Pyrénées, ce qui se concrétise par exemple par -40 cm d’enneigement en 30 ans au col de Porte (Chartreuse). Comment imagines-tu le monde de la glisse en 2050 ? »

Antoine  :

« C’est un monde qui aura forcément énormément changé. On ne pourra pas sauver la culture de la glisse en montagne à grands coups de canons à neige, c’est en se battant pour une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre que nous pourrons espérer préserver au plus la glisse telle qu’on la connaît. Peu importe à quoi ressemblera le monde à ce moment-là, je suis par contre persuadé que la montagne sera toujours un territoire d’émerveillement et de dépassement. J’espère qu’on y aura appris à vivre nos sports sans contribuer à la dégradation de nos territoires favoris, en respectant la faune et la flore et en étant plus inclusif. J’espère que l’univers de la glisse à ce moment-là aura montré sa capacité à défendre les valeurs qui nous sont chères, à se remettre en question et à contribuer à une société juste, ouverte et durable« 

Goodloop : « Si tu devez donner un conseil concret et actionnable aux rideurs de notre communauté, en termes de sobriété, d’engagement ou d’éco-pratique, quel serait-il ? »

Antoine : 

« Le meilleur moyen de réduire notre impact sur la montagne est de réfléchir à la façon dont on souhaite s’y rendre. Plus de la moitié des émissions de CO2 d’un territoire de montagne provient du transport, c’est énorme ! Ça veut dire qu’en laissant sa voiture au garage, ou en la remplissant au maximum, on a déjà l’opportunité de réduire de plus de 50% notre impact. Le train, le bus ou le covoiturage sont les meilleurs moyens de préserver la montagne sur le long terme, et peut-être d’inspirer d’autres communautés à en faire de même. Une fois en montagne, la question des déchets et du respect de la faune en hiver, notamment, me semblent ensuite les plus importants, la montagne est un milieu dans lequel il est facile de se rendre compte qu’avec du respect et de la patience, on peut arriver à faire beaucoup. C’est aussi un bel endroit pour apprendre à renoncer, parce qu’il peut être important de faire demi-tour pour mieux revenir plus tard. C’est, je crois un bon exemple à mettre en lien avec la nécessaire sobriété de nos modes de vies pour faire face à la réalité climatique.« 

Goodloop :  » Chez Goodloop, notre kiff c’est la réparation. On a tous déjà essayé de réparer une chaussette trouée, un bouton, une assiette brisée en mille morceaux ou un vélo… et parfois sans succès ! Et toi, quelle est ta plus belle galère ou réussite de réparation ? »

Antoine : 

« L’exemple de réparation dont je suis le plus « fier » (même si je n’y suis pour pas grand-chose), c’est l’ordinateur portable avec lequel j’écris ces lignes. Je l’ai acheté reconditionné en 2011, et depuis j’ai fait changer la mémoire et le disque dur il y a 3 ans, le chargeur il y a quelques mois et après 11 ans de bons et loyaux services, je n’ai pour l’instant aucune raison d’en changer : tous les logiciels nécessaires fonctionnent, les nouvelles pièces fonctionnent très bien et m’ont coûté bien moins cher qu’un nouvel ordinateur. Seul problème à l’horizon, le constructeur ne fournit plus de mise à jour, et un à un les outils que j’utilise pour le travail commencent à n’être plus compatibles. Je vais faire le forcing encore le plus longtemps possible, et quand il sera temps de changer, je me dis qu’un ordinateur reconditionné qui a plus de 10 ans aura été un bon investissement, tant financier que écologique, et j’espère en trouver un qui aura la même longévité ! »

Alors c’est compris ?

Chez GOODLOOP la pratique du sport, on adore, si elle est responsable on trouve ça admirable. Alors  tout comme Protect Our Winter, protège ton environnement !

Ce sont toujours les petites actions qui font les grandes différences, et toi aussi à ton échelle tu peux agir, une voiture à 5, un pique-nique bien rangée et une doudoune réparé c’est toujours un peu plus de neige de sauvée 😉

Tu connais un projet engagé dans un outdoor plus responsable, dans la réparation ou dans l’économie circulaire? Recommande-le pour un des prochains Goodtalk sur contact@goodloop.fr ou sur nos réseaux sociaux.